mardi 29 décembre 2009, par
Centre for Health Services and Policy Research. Autism and Lovaas treatment : A systematic review of effectiveness evidence, 2000.
Pour ceux qui aiment lire en anglais : une étude très critique de la scientificité des recherches de Lovaas. Cette étude a été demandée par trois ministères du gouvernement provincial de Colombie Britannique (Canada), Santé, Enfants et Familles et Education. Elle a été réalisée par la « British Columbia Office of Health Technology Assessment (BCOHTA) » Ce qui est bien expliqué : à quelles exigences scientifiques les recherches de Lovaas ne répondent pas. On peut également lire des critiques fondamentales.
Ces 3 ministères ont demandé cette étude à la suite d’attaques judiciaires de la part de certaines groupes qui réclamaient des « traitements ABA » pour leurs enfants autistes.
Selon les auteurs l’influence de la presse joue un rôle important dans l’image qu’on se fait à présent de la problématique de l’autisme et des traitements ou thérapies.
« Si une thérapie ou un programme donnant un espoir de « remède » sont présentés à ces familles confrontées à de grands défis, l’impact sur eux peut être important. Et (…) la possibilité existe que les décisions finales de financement et de projet de programmation soient influencées : les décideurs politiques sont après tout eux-mêmes hommes et femmes de famille. »
Dans le paragraphe Behaviour Modification Therapy (p. 4) les auteurs soulignent la différence entre la thérapie comportementale, les « thérapies psychologiques » et les « thérapies médicales ». « Le but des thérapies psychologiques est d’améliorer le comportement humain de façon indirecte par le développement de la compréhension de soi. Selon le modèle psychanalytique Freudien classique une thérapie intensive efficace amène à un changement pénétrant et de longue durée. Mais cette approche thérapeutique – contrairement à la thérapie comportementale – demande une formation intensive par des thérapeutes spécialisés. Par contre la thérapie comportementale est plus adaptée à l’entraînement de parents et enseignants de sorte qu’ils peuvent jouer un rôle souvent important dans la thérapie elle-même. »
Les auteurs ne se penchent que sur les recherches concernant les thérapies comportementales. Il semble qu’ils ne soient pas au courant des adaptations des psychothérapies psychanalytiques pour les patients autistes. Ils laissent de côté la question de savoir s’il vaut mieux allier des points de vue et des façons de faire ou si au contraire il faut continuer à améliorer les pratiques éducatives (les deux dans le sens alchimique). On peut se demander – et je le fais après lecture de Utah Frith. Autism. A very Short Introduction (2008)– si l’augmentation du diagnostic d’autisme ne va pas de pair avec l’augmentation des contraintes culturelles à s’adapter de plus en plus aux exigences économiques qui changent de plus en plus vite
Résumé de l’article
This systematic review examined whether early, intensive behavioural therapy for children with autism results in normal functioning, or essentially a cure. The scientific validity of this curative claim is central both to legal proceedings brought on behalf of several children in British Columbia against the Province seeking an intensive behavioural program ; and to cost-benefit analyses and clinical guidelines used for planning autism treatment programs.
The report concludes that, while many forms of intensive behavioural therapy clearly benefit children with autism, there is insufficient, scientifically-valid effectiveness evidence to establish a causal relationship between a particular program of intensive, behavioural treatment, and the achievement of ’normal functioning’.
Traduction
Ce compte-rendu systématique examinait si les thérapies comportementales précoces, intensives des enfants qualifiés d’autistes aboutissent à un fonctionnement normal, ou essentiellement à une soin. La validité scientifique de cette revendication curative est centrale, tant pour les procédures légales intentées au nom de plusieurs enfants en Colombie Britannique qui suivent un programme comportemental intensif, que pour les analyses bénéfices-coûts et les directives utilisées pour la conception des programmes de traitement de l’autisme.
Le rapport conclut que, même si plusieurs formes de thérapies comportementales intensives bénéficient clairement aux enfants déclarés autistes, il y a des preuves effectives insuffisantes et scientifiquement valides pour établir une relation causale entre un programme particulier de traitement comportemental intensif et la réalisation d’un ’fonctionnement normal’.