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	<title>Michel Balat - Psychanalyse - S&#233;miotique - Eveil de coma</title>
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		<title>COMMUNIQUE DE PRESSE des CEMEA</title>
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		<dc:creator>Michel Balat</dc:creator>



		<description>PLAN AUTISME 2013 &#171; QUAND L'ETAT SAIT LES BONNES PRATIQUES EN MATIERE DE SOIN ET DE FORMATION ! &#187; Le plan Autisme 2013 a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; tr&#232;s r&#233;cemment par Madame CARLOTTI, Ministre D&#233;l&#233;gu&#233;e aux personnes handicap&#233;es et &#224; la lutte contre l'exclusion, accompagn&#233; de d&#233;clarations cit&#233;es par le journal Le Monde du 2 mai 2013 : &#61623; &#171; En France depuis quarante ans, l'approche psychanalytique est partout et aujourd'hui elle concentre tous les moyens. Il est temps de laisser la place &#224; d'autres m&#233;thodes pour une raison (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
PLAN AUTISME 2013 &#171; QUAND L'ETAT SAIT LES BONNES PRATIQUES EN MATIERE DE SOIN ET DE FORMATION ! &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le plan Autisme 2013 a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; tr&#232;s r&#233;cemment par Madame CARLOTTI, Ministre D&#233;l&#233;gu&#233;e aux personnes handicap&#233;es et &#224; la lutte contre l'exclusion, accompagn&#233; de d&#233;clarations cit&#233;es par le journal Le Monde du 2 mai 2013 :
&#61623; &#171; En France depuis quarante ans, l'approche psychanalytique est partout et aujourd'hui elle concentre tous les moyens. Il est temps de laisser la place &#224; d'autres m&#233;thodes pour une raison simple : ce sont celles qui marchent et qui sont recommand&#233;es par la Haute Autorit&#233; &#224; la Sant&#233;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#61623; &#171; N'auront les moyens pour agir que les &#233;tablissements qui travailleront dans le sens o&#249; nous leur demanderons de travailler. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous comprenons les pressions d'associations familiales pour aller vers plus de travail &#233;ducatif, en r&#233;action &#224; certains exc&#232;s de pratiques psychanalytiques. Pour autant le plan Autisme tout en annon&#231;ant un certain nombre de mesures qui sont attendues (d&#233;pistage pr&#233;coce, accueil des enfants &#224; l'&#233;cole, cr&#233;ation de places en institution), exprime clairement la n&#233;cessit&#233; de la mise en oeuvre des recommandations de la Haute Autorit&#233; &#224; la Sant&#233; (HAS) qui pr&#233;conisent les approches neurocognitives, &#233;ducatives et comportementales et les m&#233;thodes de &#171; l'analyse appliqu&#233;e des comportements &#187; et elles seules !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Exit les approches qui r&#233;f&#232;rent &#224; la psychopathologie, aux courants de la psychanalyse et non reconnues les professionnels et les &#233;quipes qui construisent le soin ou le travail social du point de vue de la psychoth&#233;rapie institutionnelle. L'obtention des moyens sera conditionn&#233;e &#224; l'application de ces recommandations. De m&#234;me la formation des professionnels devra en tenir compte et le justifier pour &#234;tre valid&#233;e !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est une premi&#232;re, l'Etat sait et affirme ce que sont les bonnes pratiques professionnelles, y conditionne les moyens et oriente les formations des cursus initiaux et des contenus de la formation professionnelle continue. Et pourtant ces recommandations de la HAS conclues dans un climat de pression du lobbying de quelques associations actives mais minoritaires, que nous d&#233;noncions d&#233;j&#224; dans un pr&#233;c&#233;dent communiqu&#233; en avril 2012, sont des recommandations dont la pertinence a &#233;t&#233; questionn&#233;e tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment par la revue Prescrire dans son num&#233;ro d'avril 2013. En effet, contrairement &#224; ce qui est affirm&#233;, aucune approche ne fait accord sur le plan scientifique dans le domaine de l'autisme et les travaux de la HAS n'ont pas non plus fait consensus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces recommandations deviennent alors partisanes sans plus. Les travaux les plus concluants s'accordent pour &#233;noncer la complexit&#233; de l'autisme, des autismes devrait-on dire ; ce sont les approches pluri dimensionnelles qui apportent les meilleures &#233;volutions, les approches qui combinent les r&#233;ponses &#233;ducatives, comportementales et th&#233;rapeutiques. En cela les pratiques inspir&#233;es de la psychanalyse et de la psychoth&#233;rapie institutionnelle sont &#224; consid&#233;rer au m&#234;me titre que les autres et non &#224; rejeter, ni &#224; opposer syst&#233;matiquement et &#224; valoriser en terme de compl&#233;mentarit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8230;/&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;tude &#224; partir des &#171; Recommandations de Bonne Pratique &#187; de la Haute Autorit&#233; de Sant&#233;, en mati&#232;re d'autisme</title>
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		<dc:creator>Michel Balat</dc:creator>



		<description>&#202;TRE OU NE PAS &#202;TRE &#8230; &#201;VALU&#201; &#201;tude &#224; partir des &#171; Recommandations de Bonne Pratique &#187; de la Haute Autorit&#233; de Sant&#233;, en mati&#232;re d'autisme La Haute Autorit&#233; de Sant&#233; (HAS) et l' Agence Nationale de l'&#201;valuation et de la qualit&#233; des &#233;tablissements et Services sociaux et M&#233;dico-sociaux (ANESM) ont publi&#233; en mars 2012 deux documents sur les &#171; interventions &#233;ducatives et th&#233;rapeutiques coordonn&#233;es chez l'enfant et l'adolescent atteints d'autisme et autres troubles envahissants du d&#233;veloppement &#187; : un &#171; Argumentaire (...)

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&lt;a href="http://www.balat.fr/-Les-entours-.html" rel="directory"&gt;Les entours&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#202;TRE OU NE PAS &#202;TRE &#8230; &#201;VALU&#201;
&#201;tude &#224; partir des &#171; Recommandations de Bonne Pratique &#187; de la Haute Autorit&#233; de Sant&#233;, en mati&#232;re d'autisme&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;La Haute Autorit&#233; de Sant&#233; (HAS) et l' Agence Nationale de l'&#201;valuation et de la qualit&#233; des &#233;tablissements et Services sociaux et M&#233;dico-sociaux (ANESM) ont publi&#233; en mars 2012 deux documents sur les &#171; interventions &#233;ducatives et th&#233;rapeutiques coordonn&#233;es chez l'enfant et l'adolescent atteints d'autisme et autres troubles envahissants du d&#233;veloppement &#187; : un &#171; Argumentaire Scientifique &#187; (HAS/AS) de 465 pages et des &#171; Recommandations &#187; (HAS/R) de 60 pages destin&#233;es &#224; un public plus large.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une lecture attentive et une comparaison de ces deux textes me paraissent soulever de graves probl&#232;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un cadre est propos&#233; aux professionnels concernant le d&#233;pistage pr&#233;coce des troubles autistiques pour caract&#233;riser leur &#233;volution : mettre en place un projet personnalis&#233;, se soucier de l'accompagnement des parents ou de la fratrie et mettre l'accent sur la n&#233;cessit&#233; de coordonner les interventions &#233;ducatives et th&#233;rapeutiques, tout cela ne peut que servir &#224; am&#233;liorer la condition des enfants &#224; troubles autistiques. Ces diff&#233;rentes mesures et modalit&#233;s visent aussi &#224; proposer un langage commun, des outils d'&#233;valuation qui pourraient &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;s et cherchent donc &#224; sp&#233;cifier le trouble autistique le plus t&#244;t possible ; ceci nous int&#233;resse malgr&#233; l'absence d'autres types d'outils tout aussi pr&#233;cieux, notamment ceux qui permettent l'&#233;valuation de la personnalit&#233;, non mentionn&#233;s dans ce document. Si ces modalit&#233;s sont bien inscrites dans les structures de soin depuis longtemps, l'ouverture &#224; d'autres outils plus sp&#233;cifiques pour les sujets atteints d'autisme est utile &#224; promouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, le chapitre 5.3.3 de &#171; l'Argumentaire Scientifique &#187; (AS) concernant &#171; l'&#233;valuation de l'efficacit&#233; et s&#233;curit&#233; des interventions globales comportementales et d&#233;veloppementales &#187; a attir&#233; plus pr&#233;cis&#233;ment mon attention par son ampleur d'abord et par l'approche d&#233;taill&#233;e des diff&#233;rentes &#233;tudes scientifiques qui tranchent sur l'ensemble de cet argumentaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sera l'objet de cette &#233;tude qui se veut une lecture critique de l'utilisation, faite par l'HAS dans son Argumentaire Scientifique, des &#233;tudes scientifiques, pour la plupart nord-am&#233;ricaines, port&#233;es &#224; la connaissance du public par son Comit&#233; de Lecture. L'HAS pr&#233;sente, en effet, l'efficacit&#233; de ces interventions comportementales comme une &#233;vidence dans ses deux documents (HAS/AS et HAS/R). Un examen s&#233;mantique des commentaires de la HAS/AS nous permettra d'en d&#233;couvrir les ressorts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce parcours de lecture, plus on avance dans les applications et les m&#233;thodes, plus on s'enfonce dans une n&#233;buleuse constitu&#233;e par une accumulation d'&#233;tudes scientifiques. Tout semble fait pour nous d&#233;montrer que cette n&#233;buleuse est dense et que la profusion des &#233;tudes devrait plaider par elle-m&#234;me en faveur de l'efficacit&#233; recherch&#233;e. Quantit&#233; faisant loi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(&#8230;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une exp&#233;rience personnelle par Antoine Viader</title>
		<link>http://www.balat.fr/Une-experience-personnelle-par.html</link>
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		<dc:date>2013-05-18T04:18:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Michel Balat</dc:creator>



		<description>Une exp&#233;rience personnelle &#171; De la musique avant toute chose Et pour cela pr&#233;f&#232;re l'impair &#187; Verlaine L'art po&#233;tique De la musique, sans doute. Cette musique int&#233;rieure, silencieuse. Musique sans parole, subitement. Est-ce que cette musique s'arr&#234;te aussi au moment de l'accident vasculaire c&#233;r&#233;bral ? C'est vrai qu'avec l'aphasie, on peut rencontrer aussi l'agnosie, et l'amusie et d'autres troubles du cerveau. Dans mon cas, je crois que cette musique interne &#233;tait d&#233;j&#224; (...)

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&lt;a href="http://www.balat.fr/-Les-entours-.html" rel="directory"&gt;Les entours&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une exp&#233;rience personnelle
&lt;p&gt; &#171; De la musique avant toute chose&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Et pour cela pr&#233;f&#232;re l'impair &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Verlaine&lt;/p&gt; &lt;p&gt; L'art po&#233;tique&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De la musique, sans doute. Cette musique int&#233;rieure, silencieuse. Musique sans parole, subitement. Est-ce que cette musique s'arr&#234;te aussi au moment de l'accident vasculaire c&#233;r&#233;bral ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est vrai qu'avec l'aphasie, on peut rencontrer aussi l'agnosie, et l'amusie et d'autres troubles du cerveau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans mon cas, je crois que cette musique interne &#233;tait d&#233;j&#224; devenue, plus ou moins, discordante avant l'accident.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s, elle est revenue, &#224; peu pr&#232;s, comme avant. La musique ext&#233;rieure, les chansons, par exemple, n'a pas &#233;t&#233; perturb&#233;e, ou tr&#232;s peu, sauf une certaine amn&#233;sie. La parole est revenue petit &#224; petit, avec le travail des orthophonistes, mais pas compl&#232;tement. C'est pareil pour la m&#233;moire, lorsqu'un mot connu vous manque sur le moment, et qu'il reviendra plus tard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus grave, c'est l'oubli des langues : ma langue maternelle, le catalan, et l'espagnol que j'ai parl&#233;, lu et &#233;crit pendant cinq ou six ans, &#224; l'&#233;cole, en Espagne. Je parlais ces deux langues couramment jusqu'&#224; cet accident.
Certains de mes amis m'ont dit que si j'avais oubli&#233; ces deux langues, c'&#233;tait faute de les pratiquer. Je ne crois pas. On n'oublie pas sa langue maternelle facilement, c'est comme quand on sait nager ou faire de la bicyclette. C'est autre chose que j'ai du mal &#224; comprendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pareil pour les chansons po&#233;tiques que j'aimais beaucoup, que ce soit en espagnol comme Paco Iba&#241;ez ou Atahualpa Yupanqui, en catalan comme les chanteurs des &#171; seize juges &#187;, et en fran&#231;ais, comme Brassens ou L&#233;o Ferr&#233;.
Sans doute, je connais tout &#231;a, ou plut&#244;t, je les reconnais mais je n'arrive pas &#224; les m&#233;moriser correctement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faudrait que je recommence &#224; travailler avec obstination sur ces textes pour les poss&#233;der vraiment. Pour le moment, j'en suis d&#233;poss&#233;d&#233;.
Je ne m'attarderai pas sur le probl&#232;me neurologique. Ceux qui se sont int&#233;ress&#233; &#224; l'aphasie, connaissent les deux zones particuli&#232;res du langage dans le cerveau : la zone de Broca, et celle de Wernicke, et leurs connexions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'autre part, on peut citer Roman Jacobson dans son livre &#171; Essais de linguistique g&#233;n&#233;rale &#187;, en particulier dans le chapitre consacr&#233; &#224; l'aphasie. Roman Jakobson propose deux sortes d'aphasie : la perturbation de la chaine m&#233;tonymique, et la &#171; colonne &#187; m&#233;taphorique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L&#224; non plus, je n'insiste pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mon texte n'aura aucune signification scientifique*.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je me propose seulement d'&#233;voquer des impressions, des sensations, des souvenirs...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut parler du palimpseste. Victor Hugo le d&#233;finit comme l'oubli ou la m&#233;moire effac&#233;e. Il s'agissait d'un parchemin, au moyen &#226;ge sur lequel on &#233;crivait. Comme les parchemins &#233;taient chers, on essayait d'effacer le premier texte, (en fait, on le grattait) pour en &#233;crire un nouveau. Mais, du premier texte, il restait des traces, des fragments de mots, de phrases etc... On pouvait recommencer plusieurs fois cette op&#233;ration, et finalement, de ces textes superpos&#233;s, apparaissait comme une m&#233;moire fragment&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#224; travers l'aphasie, et des troubles de m&#233;moire, on ne peut &#233;viter de penser &#224; la psychanalyse, au contenu manifeste du patient (le dernier texte du palimpseste), au refoulement et &#224; l'inconscient, en tous cas pour les n&#233;vros&#233;s ordinaires. Il s'agit d'autre chose pour la psychose, lorsque Jean Oury parle &#224; ce sujet de &#171; l'oubli de l'oubli &#187;. Pour ma part, je n'ai pas pens&#233; tout de suite au palimpseste. En fait, j'ai pens&#233; &#224; l'amputation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, personne parmi les scientifiques n'a articul&#233; l'amputation &#224; l'aphasie. C'est pourtant ce qu'elle m'a &#233;voqu&#233;. J'ai ressenti l perte des paroles et des mots, comme la perte d'un bras ou d'une jambe. Naturellement, j'ai pens&#233; au membre fant&#244;me : apr&#232;s la perte d'un bras, le bless&#233;, ressent &#224; l'extr&#233;mit&#233; du bras amput&#233;, des sensations, douleurs, contact etc. On a envie de serrer son point absent, de gratter, de caresser le bras perdu...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est, sans doute pour cela que j'ai pens&#233; au membre fant&#244;me et au palimpseste. En effet, dans une aphasie partielle, e nouvelles paroles reviennent, un peu diff&#233;rentes des anciennes. Elles n'ont pas la m&#234;me consistance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne pense pas seulement &#224; l'anarthrie, la difficult&#233; &#224; prononcer des mots longs et difficiles, mais plut&#244;t, de reconnaitre des paroles d&#233;j&#224; connues comme s'il fallait les r&#233;apprendre de nouveau, ou les interpr&#233;ter diff&#233;remment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne sais pas si ces paroles ambig&#252;es, anciennes et nouvelles, les m&#234;mes, correspondent &#224; ce que Roman Jakobson &#233;crivait au sujet des deux aphasies.
En tous cas, je pense &#224; ces paroles ou mots nouveaux comme &#224; des surgeons ou des rejetons qui poussent autour de l'arbre coup&#233;. Est-ce qu'ils vont continuer &#224; pousser, produire des fleurs, des fruits, qui sait ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans mon exp&#233;rience, les paroles et mots retrouv&#233;s correspondent au contraire de ce qu'Orwell &#233;crivait dans &#171; 1984 &#187;, au sujet de la &#171; Novlangue &#187;.
Si mes &#171; nouvelles paroles anciennes &#187; manquent, sans doute, de consistance, par contre, leurs significations et leur sens se sont &#233;largis. C'est peut &#234;tre, &#224; cause du besoin de reconstruction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces briques de reconstruction, le ciment, le mortier, les mat&#233;riaux du langage, ont particip&#233; &#224; &#233;largir les espaces, pour laisser plus de place aux connotations, et aux m&#233;taphores.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc, si on veut, cela facilite les associations d'id&#233;es, la possibilit&#233; de naviguer ou de divaguer parmi les paroles, et ouvrir les espaces de la fonction cr&#233;ative et po&#233;tique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne veux pas dire que je suis plus riche qu'avant. Au contraire, j'ai perdu des choses que je ne pourrai jamais r&#233;cup&#233;rer. Il s'agit d'autre chose. Henri Maldiney parlait dans l'un de ses livres de &#171; la densit&#233; du vide &#187;. Donc, il ne s'agit pas, ou pas seulement de la fonction vicariante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai parl&#233; de souvenirs. Il m'en reste quelques uns.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a longtemps, le Dr F&#233;lician, psychanalyste &#224; Marseille, avait cr&#233;e un petit s&#233;minaire dans le service de Jacques Tosquellas &#224; la Capelette.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce soir l&#224;, on &#233;tait tr&#232;s peu nombreux. Une psychologue a parl&#233; d'un enfant autiste.il ne parlait pas, mais il dessinait. La psychologue nous a montr&#233; une des &#339;uvres de cet enfant. C'&#233;tait des t&#226;ches rouges, bleues, jaunes etc...De formes diff&#233;rentes, des ronds, des traits, des formes aigues... au bout d'un moment, comme personne ne disait rien, j'ai propos&#233; &#224; F&#233;lician ce que je ressentais. Je lui ai dit : &#171; Il se pourrait que ses dessins soient des cris, ou des tentatives de paroles. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'&#233;tait qu'une hypoth&#232;se. Cela m'a rappel&#233; certains tableaux de Kandinsky.
R&#233;cemment, j'ai re&#231;u comme une sorte de confirmation en regardant une exposition des &#339;uvres d'Auguste Herbin &#224; C&#233;ret, pr&#232;s de Perpignan. Dans ses recherches, Herbin avait compos&#233; un &#171; Ab&#233;c&#233;daire Plastique &#187;. Il y avait donc une colonne avec toutes les lettres de l'alphabet, et &#224; cot&#233; de chaque lettre il y avait des formes : des ronds, des triangles, des carr&#233;s...de toutes les couleurs et, encore &#224; cot&#233;, des notes de musique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'autisme, l'aphasie, et la peinture n'ont rien avoir entre eux. Pourtant, ce qu'il y a de commun, c'est l'effort pour trouver ou retrouver quelque chose qui n'existe plus ou qui n'a jamais exist&#233;. L'effort pour s'exprimer, ou communiquer &#224; un autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un autre souvenir. Un film cette fois ci.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un film de Dalton Trumbo : &#8220;Johnny s'en va en guerre&#8221;.**&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans son film, Johnny a saut&#233; sur une mine. Il est compl&#232;tement d&#233;membr&#233; et d&#233;figur&#233;.il ne lui reste que son tronc et sa t&#234;te...il ne peut plus parler, mais sa pens&#233;e est rest&#233;e intacte. Personne ne s'occupe plus de lui, sauf une jeune infirmi&#232;re, qui, pour l'aider &#224; communiquer, lui trace des mots sur sa poitrine avec son doigt. Lui ne peut communiquer qu'avec l'une de ses paupi&#232;res et son regard expressif. C'est un cas extr&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si je cite ce film, c'est encore pour souligner l'effort pour s'exprimer et communiquer avec un autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais aussi, parce que ce film parle de douleur, de souffrance et d'espoir. L'espoir, non pour survivre mais pour compter pour quelqu'un, le temps de vivre encore un peu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce texte, je ne parlerai plus de douleur ni de souffrance. Peut-&#234;tre, ici ou l&#224;, je parlerai d'espoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je reviens vers des paysages plus paisibles, m&#234;me s'il survient parfois quelques soubresauts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans l'ambiance chaleureuse, autour de Michel Balat, &#224; Elne, Pyr&#233;n&#233;es orientales, on pouvait se confier &#224; des presque inconnus. C'est ce qui s'est pass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai parl&#233; &#224; une jeune femme. Je lui ai parl&#233; d'Antonin Artaud et de ses diff&#233;rentes angoisses. Arthaud, disait que l'angoisse entrain&#233;e par l'opium n'a pas la m&#234;me couleur que son angoisse habituelle. &#192; la suite de &#231;a, je lui ai parl&#233; de mon aphasie ou des s&#233;quelles de l'aphasie. Elle m'a demand&#233; : &#171; de quelles couleur sont tes paroles ? &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je n'avais pas de r&#233;ponse, mais, cette question m'a ouvert un petit boulevard de r&#234;verie. R&#234;verie ou musique silencieuse... &#224; partir de l&#224;, on peut se promener entre les autres, les pierres, les mots, les paroles...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si j'essaie de dessiner mes paroles, comment faire ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Biens s&#251;r, on peut penser &#224; l'art de la calligraphie en chine, ou des calligrammes d'Apollinaire, qui disait &#171; Moi aussi, je suis peintre ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il s'agit d'autre chose encore. Des formes peut-&#234;tre, des nuances plut&#244;t que des couleurs primaires. Sans doute, Rimbaud a donn&#233; des couleurs aux voyelles.
Mais encore quelque chose de diff&#233;rent, de plus personnel. Il ne s'agit pas non plus des accents dans les diverses r&#233;gions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chacun a sa voix, le timbre de sa voix qu'on peut reconna&#238;tre souvent, par exemple au t&#233;l&#233;phone, quand on se conna&#238;t, qu'on s'est d&#233;j&#224; parl&#233;. Je passe sur la mue de la voix des gar&#231;ons au moment de la pubert&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je reviens donc &#224; cette exp&#233;rience particuli&#232;re qu'est le retour des paroles, dans les s&#233;quelles de l'aphasie. Si je n'avais pas eu cet accident, je n'aurais jamais pens&#233; &#224; la couleur, ou m&#234;me au gout des paroles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour &#233;voquer, plut&#244;t que de pouvoir d&#233;crire ces ph&#233;nom&#232;nes, j'ai pens&#233; &#224; la &#171; M&#233;tamorphose &#187; de Kafka, ou au film de Cronenberg &#171; la Mouche &#187;. Mais tout &#231;a est excessif. Un cauchemar.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, si j'&#233;cris, comme j'&#233;cris et pense, de fa&#231;on cursive, le long de la plume ou du stylo bille, ce n'est pas pour rien. Ainsi, apparaissent les noms. Peut-&#234;tre, sous un autre texte comme le palimpseste. On pourrait dire aussi qu'&#224; un moment, il y a une interruption dans l'&#233;criture cursive. J'arr&#234;te et je me prom&#232;ne, j'erre et je bute sur ces pierres. &#199;a fait mal au pied, mais pas trop. Ce qui se colore, ce sont d'autres mots : &#171; La condition humaine &#187; de Malraux et &#171; L'esp&#232;ce humaine &#187; de Robert Anthelme. On pourrait l'articuler avec &#171; le mythe de Sisyphe &#187; d'Albert Camus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand on est malade, ou qu'on a &#233;t&#233; malade, on peut essayer d'oublier. C'est ce qui s'est pass&#233; pour moi pendant des ann&#233;es. Et, parfois, on pense qu'on peut profiter de cette exp&#233;rience intime. Quelque chose que l'on peut apporter &#224; soi-m&#234;me et &#224; d'autres, si on se permet de le d&#233;voiler sans obsc&#233;nit&#233;. C'est ce que j'ai tent&#233; de dire et d'&#233;crire ces derniers mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme d'habitude, je m'attarde &#224; l'ombre de ces mots surgis dans mon &#233;criture. Est-ce que les paroles sont assez consistantes, assez opaques, pour porter leurs ombres ? Les anciennes, les nouvelles ? Je ne sais pas. Donc, si je ne sais pas, il y a quelque chose d'obscur, d'opaque. Heureusement. J'ai parl&#233; de maladie. Maladie somatique, mentale, ou les deux ? Il faudrait creuser, dans ces paroles, pour se r&#233;f&#233;rer &#224; Grodeck ou &#224; Michel de M'Uzan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En tous cas, rien n'est transparent dans l'image du corps humain ni dans la condition humaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, je pr&#233;f&#232;re les questions aux r&#233;ponses. Il ne s'agit pas d'interrogatoire. Les questions se posent toutes seules souvent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sinon, bien s&#251;r, il y avait &#171; La question &#187; &#224; l'&#233;poque de l'ancien r&#233;gime, et &#171; La question &#187; d'Henri Alleg pendant la guerre d'Alg&#233;rie. Tortures pour obtenir des r&#233;ponses et des aveux.
Si je pr&#233;f&#232;re les questions aux r&#233;ponses, c'est qu'il reste une ouverture, un espace de pens&#233;e, un &#233;cart entre le Oui et le Non.
Dans la psychanalyse, les interpr&#233;tations de l'analyste ne sont pas des r&#233;ponses. L'analysant pourra continuer &#224; se poser des questions, m&#234;mes implicites.
J'arr&#234;te cette digression pour revenir sur l'aphasie et ses paroles perdues et parfois retrouv&#233;es.
J'ai parl&#233; du palimpseste. On pourrait parler aussi des paroles englouties, souterraines, qui peuvent r&#233;apparaitre &#224; la surface en suivant une r&#233;surgence.
Enrique Serrano, notre ami a &#233;crit un livre intitul&#233; : &#171; Le fleuve de la m&#233;moire &#187;. Lui aussi dit qu'il ne pense pas avec sa t&#234;te mais avec ses pieds.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un autre texte, j'ai parl&#233; de la langue comme l'une des fondations d'une nation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le cas de l'aphasie, la perte des paroles dans des langues connues, on se sent d&#233;racin&#233;. En tous cas, ces paroles perdues, exil&#233;es, se sont elles qui sont d&#233;racin&#233;es avec une partie de moi-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Que deviennent les paroles d&#233;racin&#233;es ? Dans les rivi&#232;res souterraines ? Dans &#171; Le fleuve de la m&#233;moire &#187; de Serrano, ou dans les mar&#233;cages de l'amn&#233;sie ?
On pourrait chercher ces paroles flottantes dans la mer, &#224; mar&#233;e basse, comme les bois flottants qu'on retrouve apr&#232;s un naufrage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En sortant de l'h&#244;pital, j'ai assist&#233; partiellement aux journ&#233;es de l'AMPI &#224; cette &#233;poque. Le vendredi soir, au repas des intervenants, j'ai dit &#224; Resnik que j'&#233;tais aphasique, m&#234;me si j'arrivais &#224; prononcer quelques mots. Il m'a dit : &#171; Si tu ne peux pas parler, pense ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, comment penser ? Dans quelle langue on pense, avec des paroles silencieuses ? Je suppose que l'on pense avec la langue que l'on poss&#232;de le mieux. Il n'y a pas besoin de traduire ces pens&#233;es. Par contre, dans une traduction, il faut sans doute penser alternativement dans une langue et dans une autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais penser, c'est encore un autre pays que la parole et l'&#233;criture.
Descartes dit : &#171; Je pense donc, je suis &#187;. Et Lacan dit je crois, &#171; Je pense l&#224; o&#249; je ne suis pas &#187;, ou quelque chose comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelque chose comme &#231;a, c'est comme &#231;a, je pense, parle et &#233;cris. Toujours approximatif. Donc proche mais &#224; une certaine distance, avec des pens&#233;es et des paroles en suspension...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme j'ai commenc&#233; par la musique, je vais finir par l'impair. Quitte &#224; en commettre plusieurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour l'instant, je laisse ce texte en suspension...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;*Pour se r&#233;f&#233;rer &#224; une auto-observation scientifique, il faudrait retrouver Chargas et sa maladie. La maladie de Chargas, trypanosomiase am&#233;ricaine, est une maladie parasitaire. Chargas, m&#233;decin chilien, atteint lui-m&#234;me de cette maladie, a poursuivi, ses auto-observations au cours de la progression de la maladie jusqu'&#224; sa mort.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;**Dalton Trumbo a &#233;t&#233; condamn&#233; dans les ann&#233;es 60, par la commission McCarthy, jug&#233; comme communiste aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lettre ouverte de Mireille Battut, pr&#233;sidente de l'association La main &#224; l'oreille &#224; Marie Arlette Carlotti, au sujet de la pr&#233;sentation du 3&#232;me plan autisme</title>
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		<description>Cliquez sur le titre ci-apr&#232;s-&gt;Lettre ouverte de Mme Mireille Battut by Jacky Garrone Extrait du d&#233;but de la lettre, publi&#233;e sur le site du Coll&#232;ge de Recherche en Psychomotricit&#233; Lettre ouverte de Mireille Battut, pr&#233;sidente de l'association La main &#224; l'oreille &#224; Marie Arlette Carlotti, au sujet de la pr&#233;sentation du 3&#232;me plan autisme Madame la ministre, Je viens de recevoir votre appel &#224; soutenir votre candidature &#224; la mairie de Marseille, sur la boite mail de l'association que j'ai cr&#233;&#233;e, La (...)

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&lt;a href="http://www.balat.fr/-Les-entours-.html" rel="directory"&gt;Les entours&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cliquez sur le titre ci-apr&#232;s-&gt;&lt;a href='http://corpspsychomotricite.wordpress.com/2013/05/16/lettre-ouverte-de-mme-mireille-battut/' class='spip_out'&gt;Lettre ouverte de Mme Mireille Battut by Jacky Garrone&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Extrait du d&#233;but de la lettre, publi&#233;e sur le site du &lt;strong&gt;Coll&#232;ge de Recherche en Psychomotricit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Lettre ouverte de Mireille Battut,
&lt;p&gt;pr&#233;sidente de l'association La main &#224; l'oreille&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#224; Marie Arlette Carlotti, au sujet de la pr&#233;sentation&lt;/p&gt; &lt;p&gt;du 3&#232;me plan autisme&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Madame la ministre,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je viens de recevoir votre appel &#224; soutenir votre candidature &#224; la mairie de Marseille, sur la boite mail de l'association que j'ai cr&#233;&#233;e, La main &#224; l'oreille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La main &#224; l'oreille est n&#233;e en 2012, ann&#233;e consacr&#233;e &#224; l'autisme Grande cause nationale, pour porter une parole autre : nous refusons de r&#233;duire l'autisme &#224; la seule dimension d&#233;ficitaire et sa prise en charge &#224; la seule approche r&#233;&#233;ducative, nous voulons promouvoir la place des personnes autistes dans la Cit&#233;, sans nous r&#233;f&#233;rer &#224; une norme sociale ou comportementale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est en 2012 que vous avez d&#233;couvert l'autisme. Vous repartez maintenant vers d'autres aventures, mais vous nous laissez un 3&#232;me Plan Autisme rapidement ficel&#233;, accompagn&#233; de d&#233;clarations martiales : &#171; En ouvrant ce dossier, j'ai trouv&#233; une situation conflictuelle, un climat tendu, je n'en veux plus. &#187; Vous avez, en effet, v&#233;cu des moments tr&#232;s chahut&#233;s. J'en ai &#233;t&#233; t&#233;moin lors d'un colloque au S&#233;nat d&#233;di&#233; &#224; l'autisme, o&#249; un groupe de parents bien d&#233;termin&#233;s vous emp&#234;chait de parler. Le d&#233;put&#233; Gwendal Rouillard, votre coll&#232;gue, qui a choisi de soutenir les plus virulents, &#233;tait &#224; la tribune, les yeux mi-clos et le sourire aux l&#232;vres. Comme vous &#233;tiez toujours coinc&#233;e sur le premier paragraphe de votre discours, il a lev&#233; un bras et a demand&#233; silence aux parents en les mettant en garde &#171; ne prenez pas la ministre pour cible, n'oubliez pas que votre v&#233;ritable ennemi, c'est la psychanalyse &#187;. La salle s'est calm&#233;e et vous avez pu poursuivre votre propos, apr&#232;s avoir jet&#233; un regard de remerciement &#224; celui qui vous sauvait ostensiblement la mise. Vous avez retenu la le&#231;on : vous ne voulez plus de parents chahuteurs dans vos meetings. Aussi, en partant, vous donnez des gages : &#171; En France, depuis quarante ans, l'approche psychanalytique est partout, et aujourd'hui elle concentre tous les moyens &#187;. Vous savez pourtant, en tant que Ministre, que depuis trente ans la psychanalyse n'est plus dominante en psychiatrie, que les &#233;tablissements m&#233;dico-sociaux ainsi que les h&#244;pitaux de jour ont int&#233;gr&#233; des m&#233;thodes comportementales ou d&#233;veloppementales dans leurs pratiques et que le probl&#232;me majeur, c'est le manque de place et de moyens. Est-ce &#224; cause de la psychanalyse que les enfants autistes restent &#224; la porte de l'Ecole r&#233;publicaine ? C'est donc en toute connaissance de cause que vous vous faites le relai d'une fable grossi&#232;re, dict&#233;e &#224; la puissance publique par quelques associations extr&#233;mistes. (&#8230;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Canet, le 31 05 2010 Travail tonal, transfert et signe parfait</title>
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		<dc:creator>Michel Balat</dc:creator>



		<description>Canet, le 31 05 2010 Travail tonal, transfert et signe parfait M. B. : Nous sommes le 31 juin 2010&#8230; mais &#8230; il n'y a pas de 31 juin&#8230; (rires) Georges Perez : Cette ann&#233;e les s&#233;minaire s'arr&#234;teront le&#8230;(rires) M. B. : C'est bizarre, j'ai fabriqu&#233; une date qui n'existe pas&#8230; Je reprends, on est le 31 mai 2010, j'avais pr&#233;vu de continuer sur les histoires du g&#233;n&#233;ral et du vague mais je voudrais vous parler du livre de Laura Grignoli qui vaut vraiment le coup, &#233;patant, et aussi de la venue (...)

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&lt;a href="http://www.balat.fr/-Les-Causeries-de-Canet-2009-2010-.html" rel="directory"&gt;Les Causeries de Canet 2009/2010&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Canet, le 31 05 2010 Travail tonal, transfert et signe parfait&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;M. B. : Nous sommes le 31 juin 2010&#8230; mais &#8230; il n'y a pas de 31 juin&#8230; (rires)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Georges Perez : Cette ann&#233;e les s&#233;minaire s'arr&#234;teront le&#8230;(rires)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M. B. : C'est bizarre, j'ai fabriqu&#233; une date qui n'existe pas&#8230; Je reprends, on est le 31 mai 2010, j'avais pr&#233;vu de continuer sur les histoires du g&#233;n&#233;ral et du vague mais je voudrais vous parler du livre de Laura Grignoli qui vaut vraiment le coup, &#233;patant, et aussi de la venue Claude Rabant, avec son livre &#171; M&#233;tamorphose de la m&#233;lancolie &#187; dont Georges dit qu'il est extraordinaire&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;G. P. : J'ai lu un vingtaine de pages, sauf la pr&#233;face de Oury&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M. B. : Elle est plus difficile &#224; comprendre que le livre&#8230; Je l'ai rencontr&#233; avec sa femme qui est grecque, elle voulait qu'on organise &#224; Delphes un colloque sur la pythie, ce serait bien, vous viendriez ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Public : Oui, ce serait sympa&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M. B. : Donc je la rappellerai&#8230; (rires)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;G. P. : Qui nous accueillerait pour recueillir nos questions ?&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M. B. : Ah, il faudrait d'abord une bande d'herm&#233;neutes ou bien de prox&#232;nes qui tra&#238;neraient dans le coin&#8230; J'ai envie de reprendre des &#233;l&#233;ments que Laura a avanc&#233;s samedi et essayer d'en faire mon miel s&#233;miotique, &#224; tout hasard&#8230; &#231;a ira, Laura, tu comprends ce que je dis ? Je parle assez lentement ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Laura Grignoli : 80%&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;G. P. : Finalement on va apprendre l'italien&#8230;( rires)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M. B. : J'avais beaucoup abord&#233;e cette question &#224; l'&#233;poque o&#249; j'&#233;laborais sur le tonal, certains d'entre vous s'en souviennent, toute cette dimension dans le travail qui n'appartient pas en propre &#224; l'univers symbolique mais qui est fondamentale pour permettre qu'il y ait le partage de quelque chose entre des personnes. Tu insistes beaucoup sur cette dimension et tu dis que dans ce travail d'art th&#233;rapie sans doute dialogue-t-on mais certainement pas dans la dimension symbolique. &#192; Ch&#226;teau Rauz&#233;, dans les r&#233;unions avec les bless&#233;s, on voit bien qu'on tisse quelque chose, j'avais appel&#233; &#231;a un tissu tonal, il permet de pouvoir accueillir la personne ; d'ailleurs, c'est tr&#232;s curieux parce que j'ai eu un coup de fil impromptu de Jean Oury, hier, dimanche dans l'apr&#232;s-midi&#8230;Tous les dimanches que Dieu fait depuis plus de trente ans, il discute avec Danielle Roulot de 16h &#224; 18h, vous avez ces discussions dans les Dialogues &#224; La Borde, &#231;a vaut le coup de le lire&#8230;Ce dimanche, ils &#233;taient en train de r&#233;fl&#233;chir &#224; la question de l'avec et il me dit : &#171; Il faut que tu nous dises des trucs sur l'avec &#187;&#8230; Danielle soutient que l'avec le schizophr&#232;ne n'est pas la m&#234;me chose que l'avec le normopathe, elle dit que l'avec le schizophr&#232;ne est de la prim&#233;it&#233;, autrement dit du tonal, l'avec, &#234;tre avec&#8230;Je lui disais que pour le travail avec les v&#233;g&#233;tatifs, avec les personnes qui ne sont pas dans la langue, qui ne parlent pas, on est avec elles mais on n'est jamais s&#251;r qu'elle soit avec nous ; certes, on partage quelque chose ? On n'en est pas tout &#224; fait assur&#233; et tout au long de ce travail de tissage, on regarde la personne pour voir si elle est avec nous, comme elle ne manifeste rien, on ne peut pas en &#234;tre s&#251;r et la seule chose que nous essayons de faire, c'est d'&#234;tre avec elle. Je lui disais que l'avec n'est pas une relation n&#233;cessairement r&#233;flexive et ce travail, nous avons d&#233;cid&#233; depuis longtemps de le faire &#224; partir de la parole, celle-ci non pas trait&#233;e dans le sens symbolique mais dans le sens tonal, tenter un petit peu ce que le po&#232;te r&#233;ussit, essayer de faire en sorte que circule quelque chose gr&#226;ce aux mots qui permettent que &#231;a se tisse entre tous ; ce sont des trucs qu'on a &#233;labor&#233;s depuis assez longtemps, &#224; distinguer justement dans ces possibilit&#233;s qui sont offertes par les mots, entre la dimension tonale, au sens presque premier, celui de&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Public : La r&#233;sonance&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M. B. : M&#234;me pas, le ton comme pure pr&#233;sence, sans aucune distinction possible. Dans cette tonalit&#233;, il y a aussi un deuxi&#232;me niveau qui est le ton du mot, le mot a un ton. Si je dis &#171; ton &#187; par exemple, il y a un &#171; t &#187; dedans qui est particulier, ce n'est pas n'importe quel mot, il a des r&#233;sonances, &#233;videmment, mais cette fois-ci des r&#233;sonances de proche en proche, &#231;a associe &#8230; La tonalit&#233; premi&#232;re est pure pr&#233;sence et la tonalit&#233; seconde est attach&#233;e au mot ; pour le troisi&#232;me niveau, extr&#234;mement important, sur lequel un travail d'&#233;laboration serait &#224; faire, c'est ce que j'appelle le ton de signification, les mots en eux-m&#234;mes ont une &#233;vocation, une figure de style, une figure de mot&#8230; Un exemple, le mot imputrescible &#233;voque en fait la putr&#233;faction mais si je dis immarscecible, &#231;a fait r&#234;ver parce que les significations sont diff&#233;rentes. Imputrescible attire l'attention directement sur la chose et ne permet pas d'avoir des associations tr&#232;s fortes, celles qu'il autorise sont extr&#234;mement r&#233;duites, parce que &#231;a inqui&#232;te. Immarscecible et on voit le visage de la vierge, intact, imputrescible certes, mais ce dernier mot n'autorise pas de significations bien plus vastes. C'est une tonalit&#233; de signification, des mots ferment et des mots ouvrent dans la signification ; ce n'est pas la signification pour elle-m&#234;me mais c'est comme une sorte de r&#233;servoir de possible du mot auquel on est sensible, j'appelais &#231;a le diaton, c'est ce autour de quoi pourrait &#234;tre organis&#233; ce que j'appelais &#224; l'&#233;poque et encore aujourd'hui la diapathie. On parle de l'empathie, de la sympathie, mais personne ne parle de la diapathie, or c'est ce qu'on ressent dans un groupe, quand il y a quelque chose qui circule, on ne sait pas ce qui circule, ce n'est pas de l'empathie, ni de la sympathie, ce n'est pas le probl&#232;me, mais de la diapathie. Chaque fois qu'on travaille dans les groupes, la question qui se pose est celle de ce pivot du groupe qu'est la diapathie, qu'on peut appeler le partage, c'est ce niveau-l&#224; qui est important. A travers cette id&#233;e du ton, de la tonalit&#233;, on touche &#224; des choses qui sont communes au travail que font Laura ou Florence en art th&#233;rapie et &#224; ce qu'on peut faire &#224; Ch&#226;teau Rauz&#233; avec des gens priv&#233;s de parole, qui n'&#233;prouvent pas le besoin de parler, je ne dis pas la possibilit&#233; parce que je n'en sais rien, en tout cas il s'av&#232;re qu'ils ne parlent pas, et ce niveau du ton me para&#238;t d'une tr&#232;s grande richesse souvent compl&#232;tement laiss&#233; de c&#244;t&#233;, en particulier dans les &#233;tudes s&#233;miotiques, je me souviens&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(&#8230;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE 10 mai 2013 Par Collectif des 39</title>
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		<description>LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE 10 mai 2013 Par Collectif des 39 LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE Il est des mots, des discours prononc&#233;s, des d&#233;rives, en face desquels le devoir d'une prise de parole exigeante s'impose. Notre collectif compos&#233; de professionnels -psychiatres, infirmiers, &#233;ducateurs, psychologues, psychanalystes&#8230;- de patients et de familles, d'acteurs du monde de la culture, est n&#233; en 2008 en r&#233;action aux prises de position de votre (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
10 mai 2013
Par Collectif des 39&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est des mots, des discours prononc&#233;s, des d&#233;rives, en face desquels le devoir d'une prise de parole exigeante s'impose.
Notre collectif compos&#233; de professionnels -psychiatres, infirmiers, &#233;ducateurs, psychologues, psychanalystes&#8230;- de patients et de familles, d'acteurs du monde de la culture, est n&#233; en 2008 en r&#233;action aux prises de position de votre pr&#233;d&#233;cesseur consid&#233;rant les malades mentaux comme des &#234;tres potentiellement dangereux. Il s'agissait d'utiliser un fait divers pour alimenter une id&#233;ologie politique &#171; s&#233;curitaire &#187;, en prenant la personne souffrante pour cible.
Cette position, &#233;minemment stigmatisante a provoqu&#233; un &#233;moi justifi&#233; parmi les citoyens de notre pays : 40 000 personnes sign&#232;rent alors un texte d&#233;non&#231;ant vivement cet incroyable recul culturel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Faire des malades mentaux un enjeu id&#233;ologique n'est h&#233;las pas nouveau et la peur ou le rejet de la folie sont toujours pr&#233;sents dans nos soci&#233;t&#233;s. Or, seul un &#233;tat r&#233;publicain et d&#233;mocratique permet d'accueillir les plus d&#233;munis d'entre nous et nous sommes fiers d'appartenir &#224; un pays qui pr&#244;ne les valeurs d'&#233;galit&#233;, de fraternit&#233; et de libert&#233;.
C'est autour de ces acquis que s'est progressivement institu&#233; un exceptionnel syst&#232;me de soins solidaires permettant de r&#233;elles avanc&#233;es. Un syst&#232;me qui nous a permis de nous confronter &#224; la complexit&#233; inh&#233;rente &#224; toute pratique relationnelle : comment &#233;duquer, soigner, &#234;tre soign&#233; ou comment accueillir la souffrance de l'autre.
Cette complexit&#233; se nourrit de l'engagement, du doute, de la prise de risques. Elle exige des citoyens libres, cr&#233;atifs, cultiv&#233;s. La possibilit&#233; de penser est au c&#339;ur de ce processus. Une pens&#233;e ouverte et partag&#233;e, &#224; la crois&#233;e des savoirs. Elle est alors porteuse des plus grands espoirs car elle laisse place &#224; la singularit&#233; de chacun, &#224; l'expression de la subjectivit&#233; et &#224; la cr&#233;ation collective. Elle demande une formation de haute exigence, une remise en question permanente, une appropriation par chacun et par le collectif, des projets de soin et d'accompagnements.
Mais h&#233;las, depuis une vingtaine d'ann&#233;es, des m&#233;thodes &#233;valuatives issues de l'industrie doivent &#234;tre appliqu&#233;es &#224; toutes les professions qui traitent des rapports humains, s'opposant ainsi frontalement &#224; notre histoire et &#224; notre culture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; que nous devrions nous plier &#224; des protocoles impos&#233;s par &#171; des experts &#187; bien souvent &#233;trangers aux r&#233;alit&#233;s plurielles de la pratique.
Monsieur le Pr&#233;sident, pouvez-vous accepter l'embolisation de ces pratiques par des t&#226;ches administratives aussi st&#233;riles qu'ubuesques ? Croyez-vous qu'il soit possible de coter avec des petites croix la valeur d'une relation, d'un comportement, d'un sentiment ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pouvez-vous tol&#233;rer que l'on ait confisqu&#233; aux citoyens leur possibilit&#233; de construire les outils &#233;thiques d'appr&#233;ciation de leur travail, de leur fa&#231;on de soigner, d'enseigner, d'&#233;duquer, de faire de la recherche ? De leur imposer des normes opposables et oppos&#233;es &#224; tout travail de cr&#233;ativit&#233; ?
Pouvez-vous cautionner la victoire de la hi&#233;rarchie qui &#233;crase, de la bureaucratie qui r&#232;gne, de la soumission impos&#233;e qui s'&#233;tend ?
Enfin, &#233;l&#233;ment le plus pr&#233;occupant, ces protocoles qui excluent la dimension relationnelle de la pratique pr&#233;tendent s'appuyer sur des bases scientifiques, contest&#233;es au sein m&#234;me de la communaut&#233; ! Comme s'il fallait s'exproprier du terrain de la rencontre &#224; l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et ces directives s'imposent partout, dans tous les domaines, dans toutes les institutions : cela va des gestes r&#233;p&#233;titifs et codifi&#233;s des infirmiers, au SBAM (Sourire, Bonjour, Au revoir, Merci) pour les caissi&#232;res en passant par l'interdit de converser avec les patients pour les &#171; techniciens de surface &#187;. Tous les personnels se voient contraints de donner de leur temps &#224; cette bureaucratie chronophage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Combien d'heures de travail ab&#234;tissant, perdu, gaspill&#233;, activit&#233;s en apparence inutiles, mais qui dans les faits, ont pour objet de nous entra&#238;ner dans des rituels de soumission sociale, indignes de la R&#233;publique &#224; laquelle nous sommes attach&#233;s.
Comment pouvons-nous accepter cela, Monsieur le Pr&#233;sident ? Comment pouvez-vous l'accepter ?
Le r&#233;ductionnisme est &#224; son apog&#233;e : tentative de nous r&#233;duire &#224; une technique, &#224; un geste, &#224; une parole d&#233;sincarn&#233;e, &#224; une posture fig&#233;e.
Nous tenons &#224; nos valeurs fondatrices, celles qui font de nos pratiques, un art, oui, un art qui allie les connaissances, le savoir-faire et l'humanit&#233; accueillante des hommes qui construisent leur propre histoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ouverte &#224; toutes les sciences humaines et m&#233;dicales, la psychiatrie se doit de lutter en permanence contre cette tentation r&#233;ductionniste des &#233;valuations-certifications soutenues par la Haute Autorit&#233; de Sant&#233; (HAS) qui, sous l'impact de l'id&#233;ologie ou de puissants lobby financiers, tendent &#224; an&#233;antir l'extraordinaire potentiel soignant des relations subjectives entre les personnes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi par exemple, &#224; propos de l'autisme, de quel droit la HAS peut-elle affirmer que ce qui n'entre pas dans ses codes d'&#233;valuation est non scientifique donc non valable, alors que des milliers de professionnels, loin des caricatures et des pol&#233;miques, travaillent en bonne intelligence avec les familles et des intervenants divers, que cela soit sur le plan &#233;ducatif, p&#233;dagogique ou th&#233;rapeutique ? De quel droit la HAS d&#233;nie t-elle la validit&#233; de pratiques reconnues, que des associations de patients, de soignants, de familles, d&#233;fendent pourtant humblement ? Au nom de quels int&#233;r&#234;ts surtout, la HAS a-t -elle impos&#233; une &#171; recommandation &#187; dont la revue Prescrire, reconnue pour son ind&#233;pendance, vient tout r&#233;cemment de d&#233;montrer les conditions totalement partiales et a-scientifiques de son &#233;laboration ?
Comment enfin, lors de la parution du dernier plan Autisme, Madame Carlotti, Ministre aux personnes handicap&#233;es, ose t-elle menacer sans r&#233;serve aucune, les &#233;tablissements qui ne se plieraient pas &#224; la m&#233;thode pr&#233;conis&#233;e par la HAS, de ne plus obtenir leur subvention de fonctionnement ? Comment un ministre de la R&#233;publique peut-il imposer aux professionnels et par voie de cons&#233;quence, aux parents et aux enfants, sans plus de pr&#233;caution, de travailler comme elle l'ordonne ?
C'est une grande premi&#232;re, porte d'entr&#233;e &#224; toutes les d&#233;rives futures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Histoire, la philosophie, les sciences en g&#233;n&#233;ral nous le rappellent : l'&#234;tre humain se construit dans le lien avec ses contemporains, son environnement, dans les &#233;changes. Une alchimie complexe, unique &#224; chaque fois, qu'une pluralit&#233; d'outils aident &#224; penser. Quelque soit le handicap, l'&#226;ge, la maladie, les &#171; troubles &#187; comme on dit, de quel droit priver certains de cet accompagnement pluridimensionnel (et de tous les &#233;clairages dont il se nourrit) ? Toute r&#233;ponse univoque et protocolaire, qui d&#233;nie la singularit&#233; de chacun, est &#224; cet &#233;gard indigne et au final stigmatisante.
Or, cette logique techniciste n'est-elle pas d&#233;j&#224; en route dans les autres domaines du soin psychique ? Ce m&#234;me principe d'uniformisation par voie d'&#171; ordonnance mod&#233;lis&#233;e &#187; ne peut que s'&#233;tendre &#224; d'autres cat&#233;gories de troubles (cern&#233;s par le DSM, manuel diagnostique lui aussi &#233;minemment contest&#233;) : &#224; quand une m&#233;thode syst&#233;matis&#233;e puis dict&#233;e, pour &#171; les d&#233;pressifs &#187;, pour &#171; les bipolaires &#187;, &#171; les schizophr&#232;nes &#187;, les troubles dus &#224; la souffrance au travail &#187; etc. ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ne pensez-vous pas Monsieur le Pr&#233;sident que cette pression inadmissible proc&#232;de d'une id&#233;ologie normative, v&#233;ritable fl&#233;au pour la capacit&#233; de d&#233;battre, d'&#233;laborer des id&#233;es ?
Monsieur le pr&#233;sident, entendez-vous qu'il s'agit d'une vaste entreprise d'ass&#232;chement du lien relationnel, de mise en route d'une inqui&#233;tante machine &#224; broyer la pens&#233;e, d'un syst&#232;me qui risque d'amener toutes les parties concern&#233;es &#224; l'indiff&#233;rence et &#224; la r&#233;signation ?
Monsieur le Pr&#233;sident, vous avez les pouvoirs, de la place qui est la v&#246;tre, d'agir imm&#233;diatement pour que soient remis en cause ces syst&#232;mes qui produisent les monstres bureaucratiques de protocolarisation pr&#233;sents dans tous les domaines de la vie publique, notamment en psychiatrie et dans le m&#233;dico-social.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est des mots, des discours prononc&#233;s, des d&#233;rives, en face desquels le devoir d'une action exigeante s'impose&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Monsieur le Pr&#233;sident, nous vous demandons solennellement d'intervenir.
Permettez nous de garder l'espoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LE 8 MAI 2013&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LE COLLECTIF DES 39 CONTRE LA NUIT SECURITAIRE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Prochaine &quot;Journ&#233;e avec&#8230;&quot; Laura Grignoli le 1 Juin 2013</title>
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		<description>Les Associations APEX, &#201;QUINOXE et AFPREA, organisatrices de cette 27&#232;me &#171; journ&#233;e avec&#8230; &#187; ont invit&#233; Laura Grignoli, psychanalyste, philosophe, plasticienne qui nous parlera de son travail dans l'atelier, l'Artelieu, qu'elle a fond&#233; &#224; Pescara, en Italie, dans les Abruzzes. Au cours de cette journ&#233;e elle abordera aussi bien les questions conceptuelles attach&#233;es &#224; sa pratique que, par des s&#233;quences vid&#233;os, son approche concr&#232;te du travail au jour le jour. Elle nous fera ainsi partager sa conception d'une (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les Associations APEX, &#201;QUINOXE et AFPREA, organisatrices de cette 27&#232;me
&#171; journ&#233;e avec&#8230; &#187; ont invit&#233; Laura Grignoli, psychanalyste, philosophe, plasticienne qui nous parlera de son travail dans l'atelier, l'Artelieu, qu'elle a fond&#233; &#224; Pescara, en Italie, dans les Abruzzes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au cours de cette journ&#233;e elle abordera aussi bien les questions conceptuelles attach&#233;es &#224; sa pratique que, par des s&#233;quences vid&#233;os, son approche concr&#232;te du travail au jour le jour. Elle nous fera ainsi partager sa conception d'une art-th&#233;rapie, qui est en d&#233;bat &#224; l'heure actuelle, qui met en son centre &#8220;la rencontre du sujet avec ses possibilit&#233;s cr&#233;atrices et expressives&#8221;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La journ&#233;e de travail se d&#233;roulera de 9h &#224; 18h. Il y aura des temps de discussion et des temps de pause ; une librairie sera &#224; la disposition des participants. L'accueil des participants se fera &#224; partir de 8h 1/2 autour d'un petit d&#233;jeuner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Colloque Isadora Vendredi 17 et Samedi 18 Mai 2013 &#171; Langues &#233;tranges &#187;</title>
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		<description>Colloque Isadora Vendredi 17 et Samedi 18 Mai 2013 &#224; St Martin de Vignogoul &#171; Langues &#233;tranges &#187; &#171; La premi&#232;re oeuvre de parole n'a pas &#233;t&#233; un po&#232;me. Mais la premi&#232;re parole est po&#233;tique &#187; &#233;nonce Henri Maldiney. Entre l'&#233;mergence pr&#233;historique du langage et son utilisation courante actuelle, s'&#233;tend un espace d'o&#249; &#233;mane, encore et toujours, l'inqui&#233;tante &#233;tranget&#233;. La &#171; premi&#232;re parole &#187; continue de r&#233;sonner en nous. Langues dites &#171; mortes &#187;, langues &#233;trang&#232;res, po&#233;tiques, musicales, picturales, toutes (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Colloque Isadora
&lt;p&gt;Vendredi 17 et Samedi 18 Mai 2013 &#224; St Martin de Vignogoul&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Langues &#233;tranges &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; La premi&#232;re oeuvre de parole n'a pas &#233;t&#233; un po&#232;me. Mais la premi&#232;re parole est po&#233;tique &#187; &#233;nonce Henri Maldiney.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Entre l'&#233;mergence pr&#233;historique du langage et son utilisation courante actuelle, s'&#233;tend un espace d'o&#249; &#233;mane, encore et toujours, l'inqui&#233;tante &#233;tranget&#233;. La &#171; premi&#232;re parole &#187; continue de r&#233;sonner en nous. Langues dites &#171; mortes &#187;, langues &#233;trang&#232;res, po&#233;tiques, musicales, picturales, toutes prennent forme en des paysages &#224; la fois familiers et oubli&#233;s. Notre langue commune elle-m&#234;me comporte des moments non th&#233;matiques qui d&#233;bordent les significations fix&#233;es par la communication. Au plus profond de nous, le verbe demeure &#224; l'infinitif, les mots restent li&#233;s, les cat&#233;gories n'existent pas, le signe irradie, la m&#233;taphore est avant tout mode de penser en images. Le langage n'est pas simple conjonction d'une structure sonore et d'un &#233;tant objectif. Non seulement les mots de la po&#233;sie mais ceux de toute langue se comportent, s'articulent comme les formes des arts plastiques ou musicaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Percevoir l'&#233;trange dans une langue &#233;trang&#232;re m&#232;ne &#224; s'ouvrir &#224; notre espace originaire. La parole n'est-elle pas plus en prise avec la r&#233;alit&#233; que ce que nous croyons ? Dionysos n'errera-t-il pas toujours dans le paysage qui nous cerne ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les comptes-rendus de Philippe Chavaroche (Hochmann, Delion, Balat, et autres)</title>
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		<description>Dans son blog Philippe Chavaroche fait des compte-rendus de quelques r&#233;unions auxquelles il a assist&#233;, par exemple les journ&#233;es avec Jacques Hochmann et Pierre Delion, ainsi que ma 'conf&#233;rence' &#224; Dax l'&#233;t&#233; dernier. Gr&#226;ces lui en soient rendues.

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans son &lt;a href='http://philippe-chavaroche.blog4ever.com/' class='spip_out'&gt;blog&lt;/a&gt; Philippe Chavaroche fait des compte-rendus de quelques r&#233;unions auxquelles il a assist&#233;, par exemple les journ&#233;es avec Jacques Hochmann et Pierre Delion, ainsi que ma 'conf&#233;rence' &#224; Dax l'&#233;t&#233; dernier. Gr&#226;ces lui en soient rendues.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un nouveau site &#233;patant !</title>
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		<description>aufildeletre.fr Vous y trouverez quelques articles autour des soins, ils seront bient&#244;t plus nombreux. La Pataugeoire La psychomotricit&#233; Le pack sous l'angle sensori-moteur Orthophonie Packing et pataugeoire Th&#233;rapie institutionnelle

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&lt;p&gt;Vous y trouverez quelques articles autour des soins, ils seront bient&#244;t plus nombreux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; La Pataugeoire La psychomotricit&#233; Le pack sous l'angle sensori-moteur Orthophonie Packing et pataugeoire Th&#233;rapie institutionnelle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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